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De la télémédecine en pharmacie Une consultation médicale à travers un écran vidéo. Une nouveauté ! Pour qui ? Nous connaissons tous cela depuis des lustres mais nous avions cru qu’elle n’était destinée qu’à venir au secours d’un explorateur blessé au milieu de la jungle africaine ou de l’un des ces navigateurs solitaires perdus dans les mers australes. Or Pharmasuisse, la société faîtière des pharmaciens, annonce donc la mise à diposition de centres d’appel de télémédecine dans 200 pharmacies du pays. Et certains médecins de s’enflammer contre un tel projet. Les pharmaciens viendraient s’immiscer dans leur relation privilégiée et inialiénable avec leur patients et s’affubler par la même occasion d’une compétence de clinicien ! Je ne prétendrai pas entrer dans cette polémique juste ridicule et je le ferai d’autant moins que nous avons décidé, pour toute une série de « bonnes » raisons, de ne pas proposer ce service dans notre officine. Toujours est-il que ces médecins qui s’offusquent d’un tel projet feraient bien mieux de reconnaître qu’il ne fait que proposer une solution parmi les nombreuses autres qu’il faudra inévitablement développer pour pallier à l’inaccessibilité fréquente de tout médecin de famille, et cela pas seulement en fin de semaine ! Le médecin de famille de 2012 n’est pas celui de 1980 qui voyait se succéder 5 à 6 journées de 12 ou 13 heures de travail et dont les 4 semaines de vacances n’étaient qu’un rêve de futur retraité ou prenaient une coloration franchement « gris-vert ». Certes, il en existe encore quelques spécimens qui, à l’image de ce nous assumons depuis 30 ans dans notre officine, font passer clairement l’intérêt collectif des patients au delà de leur vie et aspirations personnelles. Mais ces forçats du travail sont heureusement devenus rares dans nos professions. Le médecin de famille de 2012 est un praticien coincé dans un travail formaté par les exigences imposées par la science médicale et les assurances sociales, contraint par l’évolution de cette science et les exigences qualitatives escomptées de s’imposer une formation continue permanente, et avide enfin de de disposer d’un droit dont ses pêres avaient accepté souvent de renoncer par « vocation » , celui d’avoir droit à des vacances, à des week-ends et finalement à une vie privée au delà de leur vie professionnelle. Pour toutes ces raisons simples qui viennent s’ajouter au vieillissement indiscutable du corps médical, les médecins de 2012 verront comme nous autres pharmaciens et finalement comme tous les citoyens-patients, se développer bien des modèles alternatifs aux services de santé actuellement en place. Ils auront, comme ces centres de télémédecine, bien des défauts par rapport aux solutions traditionnelles encore en place. Mais c’est sans doute à ce prix qu’une certaine accessibilité aux soins perdurera peut-être demain dans notre société. |
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